Passer au contenu principal

Optimum conseils

Chiffre d’affaires, marge, trésorerie : trois chiffres, trois histoires

Le chiffre d’affaires est le premier chiffre qu’on cite quand on parle d’une entreprise. Il est facile à comprendre et il rassure quand il monte. Mais il ne dit pas si l’entreprise gagne de l’argent. Prenons deux entreprises. La première réalise 100 millions de FCFA de chiffre d’affaires, avec 95 millions de charges : il lui reste 5 millions. La seconde réalise 70 millions, avec 40 millions de charges : il lui reste 30 millions. Celle qui vend le moins gagne six fois plus. La marge : ce que rapporte réellement chaque vente La marge, c’est ce qui reste d’une vente une fois déduit le coût direct de ce qu’on a vendu. Elle devient décisive quand l’entreprise propose plusieurs produits ou services. Un traiteur peut vendre beaucoup de repas du quotidien, à petit prix et petite marge, et quelques buffets d’événements qui rapportent chacun beaucoup plus. Si on suit seulement le chiffre d’affaires global, on ne voit pas que l’essentiel du bénéfice vient des buffets, et on peut décider d’investir au mauvais endroit. La trésorerie : l’argent qui est là Une entreprise peut être rentable et manquer d’argent. Un client règle à soixante jours. Les salaires se paient le 25. Le loyer et les fournisseurs n’attendent pas. Entre les deux, il y a un trou, et c’est dans ce trou que beaucoup d’entreprises en bonne santé s’étranglent. Le résultat dit si l’activité crée de la valeur. La trésorerie dit si l’on peut payer ce qu’on doit ce mois-ci. Les deux sont nécessaires, et ils ne racontent pas la même chose. Quatre chiffres suffisent pour commencer On peut suivre dix ou quinze indicateurs. En pratique, beaucoup de PME gagneraient à n’en suivre que quatre, chaque mois, sur une seule page : Un tableau de bord que personne ne lit parce qu’il comporte quarante lignes n’aide pas à piloter. Un tableau d’une page que le dirigeant consulte chaque semaine, si. Pourquoi c’est encore plus utile maintenant Avec la facturation électronique certifiée, l’administration fiscale peut suivre les transactions des entreprises concernées de façon beaucoup plus directe qu’avant. L’entreprise qui connaît ses chiffres avant l’administration est dans une meilleure position pour discuter, corriger une anomalie ou anticiper une échéance. Le test d’un bon indicateur Un chiffre mérite sa place dans le tableau s’il peut changer une décision : arrêter un produit, relancer des clients, renégocier un délai fournisseur, reporter un investissement. S’il ne change jamais rien, on peut le retirer. Le reporting n’est pas une obligation administrative de plus. Il sert à savoir ce qu’on continue, ce qu’on arrête et où l’on investit.